Il y a un truc sur le cœur que je dois me déballer ; j’ai du mal à dormir, vraiment mal de dormir.
Il était une fois, dans un pays très loin d’ici, qu’un homme habite une maison.
Dans cette maison il y avait une chambre peu grande mais très confortable, avec un grand lit et de l’air fraiche.
Il y avait une couverture, un oreiller et même des volets qui gardaient la pièce en noir.
Le silence régnait, pas de bruit, personne ne bougeait.
Même des insectes et petites bestioles se taisaient.
Le monde dormait.
C’était une belle vie.
L’homme fermais ses yeux chaque nuit, faisait des beaux rêves et se levait le matin, en plein forme et prêt pour tout.
Hélas, le monde a beaucoup changé…
Dès que je suis arrivé à l’autre côté du monde, j’ai du mal à dormir.
La chambre est bonne ; je n’en ai rien contre.
J’ai un lit (c’est petit, mais ça y est), j’ai un oreiller et j’ai même maintenant une couverture que j’ai volé (hum, je veux dire, ‘prêter’) au lit inoccupé à côté de le mien.
Mais…
Il fait chaud.
Tellement chaud, je manque du lexique suffisamment de faire justice à ce que je sens, dans n’importe quelle langue je vous jure il fait chaud…j’utilise la climatisation, mais il fait de bruit ; c’est comme quelqu’un est en train de chuchoter quelque chose dans l’oreille et ça m’énerve après peu de temps.
Mais il y a pire…
Dehors, il y a un couloir ou se trouve une douzaine chambre comme la mienne- je partage cette territoire.
Devant ma propre chambre se trouve la seule et unique fontaine d’eau- notre sauveur.
Au début, je croyais c’était une bénédiction ; j’ai besoin de l’eau, après tout.
Mais dès la première nuit, j’ai découvert que c’est plutôt une malédiction.
A minuit, à 2 heures du petit matin, à 4 ou même à 6, il y a quelqu’un qui bouge dans la nuit.
Il s’approche de la fontaine- non, il marche d’un pas lourd, et il appuis sur le bouton pour faire tomber des petites gouttes d’eau qui tombe dans sa bouche.
Il boit bruyamment, il déglutit comme un chien…et il pousse une sorte de cri, un cri qui frappe à mes oreilles et je bondis de mon lit.
J’entends les pas s’éloignent de ma porte et, lentement, je dors au nouveau.
Pourquoi il fait ça ?
Peut-être il a soif, peut-être ce n’est pas un seul homme.
Moi, je crois c’est une blague, une mauvaise plaisanterie…
Oui, c’est ça…
Mes yeux se ferment à nouveau.
J’attends la prochaine fois.