Sa bouche s’emplit de salive pour l’odeur délicieuse de pain frais.
Les brioches moelleuses et roses, les petits pains croustillants aux graines de pavot, comme s ‘ils lui souriaient sur leur comptoir.
« Comment je peux vous être d’un secours? grommela avec mauvaise mine un boulanger replet à la moustache, jaugeant l’achateur d’un coup d’œil.
- Excusez-moi, à quel prix est votre brioche ? s’efforsant de dissimuler son émoi,
s’informa Ééte.
- Deux monnais de cuire.
- Et votre petit pain ? - Trois.
»
Éete soupira et sortit son dernier argeant sur le comptoir.
« En ce cas, une brioche, s’il vous plaît. - Bon appétit.
»
Après avoir enveloppé la brioche d’un petit paquet en papier, la grosse moustache tendit le manger à l’achateur. « Et...
Comment peux-je passer au Temple ? eut la curiosité mesurée Ééte, prenant son pain. - Auquel ?
Si au Temple princnipal ?
- Qui a un gîte ? - Chacun.
Mais au Temple principal on donne encore un souper gratuit, grâce de Déesse.
Probablement, cela n’est pas trop pour toi.
»
Le jeune homme secoua sa tête.
« Eh bien, c’est ton affaire, ça.
En bref, maintenant tu sortiras et montera par la rue.
En avant toujours, sans tourner.
Tu buteras contre son portail capital.
Mais ne t’attarde pas, le jour tombera bientôt... courir les ruelles... tu sais bien toi-même, c’est comment...
»
Ééte hocha rêveusement sa tête et sortit de la boutique.
Les lumières des fenêtres commençaient à s’allumer au crépuscule cendré, les gros nuages bleuâtres se traînaient dans le ciel.
Le vent violent soufflait, versait la neige en pétales de pommiers sur la terre, enlevait la veste.
S’enveloppé plus fortement, Ééte se mit à montrer lentement par la rue, en mâchant sa brioche.
Les réverbères étaient éspacés et jetés la lumière verdâtre sur le pavé.
La nuit rattrapait.
Elle tomba sur la ville, elle la couvrit de son obscurité comme un châle serré et les premières gouttes de pluie tombèrent ensamble avec elle sur la chaussée.
Ééte pressa le pas, ayant hâte de s’abriter de l’intempérie et les ténèbres.
Il s’arrêta dans cinq minutes.
Il se trouva au carrefour.
La rue fit ici une fourche, en contournant un parc par delà la clôture torse.
Un réverbère seul éclairait ternement les bancs vides.
Le boulongeur ne mentionna rien de cette fourche.
Il ne lui reste que faire des suppositions tourner à droite ou à gauche...
L’adolescent regarda en confusion tout autour.
Il n’y avait aucun indicateur et pas une âme afin de s’enquérir de la voie.
Eh bien, il aura fallu user de magie.
Ééte avait mit la main dans son sac quand un coup de vent froid lui fit se figer.
Sa main dans le sac lâcha la boule de direction et serra une de sphères.
Ééte ne savait pas lequelle, mais quoi qu’il en soit...
Il se retourna vite.
Ses cheveux argentés luisaient en ténèbres, en flottant au vent comme les fils de toile d’araignée merveilleuse.
La peau pâle émetait le clair pareil au clair de lune et, sous les coups de vent, les pans de son énorme manteau noir s’élevaient comme les ailes.
Le sourire du vampire charmait.
Ééte cligna ses yeux, s’agroupant intérieurement.
“Oh... murmura une voix veloutée dans sa tête.
Quelle personne je vois...
Une vieille connaissance.
T’es-tu égaré, mon pauvre ?”
« Chasses-tu, Vir ? s’informa de voix unie Ééte. - Je chasse.
»
Pour cette fois, Virliss entra ordinairement en conversation, sans employer la télépatie, mais quand même, sa parole sonnait comme la musique insinuante qu’engloutissait la raison et la volonté.
“ Leur crâneuse vampirique, j’en ai envie de vomir”, se souvint Ééte des paroles du fugitif d’hier.
« Alors, chasse en autre lieu, proféra tranquille le jeune homme. Bonne chance.
Je suis bien aise de te voir derechef.
»
Le manteau du vampire se dégonfla, perdant toute ressemblance aux ailes et la luminescence surnaturelle de sa peau et ses cheveux disparut.
Il se prit par le ventre à deux mains, se tordant de rire.
« Non, tu me plais ! expira-t-il enfin.
Ta conversation avec Les Immortels est bien courte, qu’en direz-vous ?. Grave...
Le vampire se redressa, s’essuyant les larmes dans les coins des yeux. Où vas-tu ?
- Au Temple de Mortis.
- Si au Temple principal ?
»
Ééte hocha sa tête.
« Mais pourquoi si tard ?
- Je ne sais pas la voie.
- Eh bien, allons, je te conduirai !
»
Le jeune homme avait fixé du regard scrutateur sur Virliss, mais juja que si L’Immortel avait voulu l’attaquer, il aurait été peu probable qu’il soit se mis à entreprendre des jeux composés.
C’est pourquoi Ééte hocha sa tête.
« Si cela ne te pose pas de problèmes.
- Il faut parle “si cela ne te cesse pas !” rit Vir, lui donnant une tape sur l’épaule.
Eh bien, moi, cela ne me cesse pas.
Allons, ou tu tomberas encore sur quelqu’un sans l’humour. Allons...
»
Les jeunes hommes – maintenant tant Vir ressamblait à l’humain qu’il était impossible de distinguer – tournèrent à droit et montèrent vite par la rue.
Il bruina plus intense.