C’est évident quand un animal naît mâle ou femelle.
Tout comme chacun s’accordera à reconnaître qu’une femme accouche soit d’un garçon, soit d’une fille ou des deux.
Mais à l’heure actuelle un débat fait rage en France : qu’un enfant adopte un comportement masculin ou féminin, qu’un garçon joue au cow-boy et une fille à la poupée relève davantage de l’acquis que de l’inné.
Pour ce moment il y a aucune recherche scientifique approfondie qui pourrait répondre à cette question de la théorie dite du genre.
Il s’agit plutôt d’un débat fondé sur des croyances passionnées et des convictions butées.
À l’école, l’année scolaire 2013-2014 a été placée sous le signe de l’égalité.
Dans ce contexte, l’éducation nationale a lancé une initiative intitulée « ABCD de l’égalité » en novembre dernier.
Cette initiative vise à lutter contre les comportements stéréotypés et à permettre une meilleure répartition garçons-filles à l’école.
La polémique autour l’initiation a tout de suite été vive et n’est pas retombée depuis.
Beaucoup de gens s’insurgent contre cette idée et d’autres actions menées par l’école en ce sens.
Des collectifs et des associations se sont formés, les uns appelants à manifester, les autres à retirer leurs enfants de l’école.
Ils pensent que les initiateurs vont outrepasser et masquer la vraie intention de l’initiative : véhiculer la théorie du genre.
Le genre correspond à un domaine d’études nés aux États-Unis dans les années 1960-1970.
L’idée a abouti aux mouvements féministes et à l’établissement d’une distinction entre le sexe biologique et l’identité sexuelle, soit le genre.
Selon cette définition, le genre n’est pas inné, mais est une construction culturelle régie par des normes sociétales.
En d’autres termes, l’individu est conditionné dans son identité sexuelle pour correspondre à une idée de l’homme et de la femme inculquée par la société.
Et ce conditionnement de l’identité sexuelle est à la base des inégalités entre les sexes.
D’après Judith Butler, la philosophe américaine, si le genre est une construction sociétale, on peut le défaire et ainsi de dissoudre la hiérarchie entre les sexes.
De plus, elle pointe du doigt la domination du modèle hétérosexuel imposé comme une norme.
Le problème d’oppression ressentie par les minorités sexuelles vient aussi de l’hétérosexualisme et non pas seulement de la domination masculine qui sévit dans la plupart des sociétés.
Et c’est là que le bât blesse pour les « anti-gender » : ils dénoncent la théorie sexiste et hétérophobe dont l’objectif est mettre fin aux repères familiaux sur lesquels se fonde la société.
De leur côté, les spécialistes pro-gender réfutent l’existence de telle idéologie.
Ils se disent attachés à une discipline universitaire ayant donné des résultats tangibles et touchants une grande variété de sujets.
Les anti-gender rétorquent que les idées des pro-gender non sont prouvées scientifiquement et constituent seulement des théories.
Beaucoup de gens appellent à la tenue d’un débat national concernant l’initiative de l’éducation nationale.
Selon eux, les individus derrière l’initiative partent du principe que les différences entre garçons et filles sont une inégalité et qu’il faut indifférencier les personnes, ce qui mène à une indifférenciation des sexualités.
Au contraire, il faut apprendre aux enfants le respect de la différence.
Bombardée d’accusations, l’éducation nationale affirme qu’il n’est pas la question de nier les différences biologiques mais de les connaître de manière à parvenir à l’égalité hommes-femmes.
Enfin, les gens semblent au moins s’accorder sur l’importance de l’existence et du respect des différences entre les individus.