Le Musée d’Orsay qui donne le tournis au visiteur lorsque celui-ci en franchit l’entrée et se trouve dans un hall gigantesque, a été établi dans une ancienne gare.
Sa renommée mondiale, le musée doit à sa galerie consacrée aux impressionnistes.
Elle est vaste et une journée entière ne suffit sûrement pas pour admirer les 3000 œuvres exposées ici.
Certaines des œuvres exposées au musée n’ont pas pris une seule ride et font encore beaucoup parler d’elles.
Malgré son jeune âge, le musée a fait peau neuve à la fin des années 2000.
La circulation des visiteurs est entièrement repensée afin d’être plus fluide.
Les murs se parent de couleurs, car le blanc tue toute peinture.
Quand on place une peinture académique ou impressionniste sur un fond blanc, le rayonnement du blanc empêche la révélation des contrastes de valeur subtils.
Aujourd’hui le musée est presque une petite ville.
Il comprend un auditorium où sont proposés films et concerts, deux cafés et un restaurant situé dans l’ancien hôtel.
Bien que le musée ferme ses portes au public le lundi, une intense activité règne dans l’ancienne gare.
Les photographes préparent les catalogues d’exposition, des visites privées sont organisées, et des copistes peignent des tableaux de maître pour leur plaisir ou pour les revendre.
Une restauratrice dit qu’il faut nettoyer les œuvres chaque semaine, car ça s’empoussière assez vite, surtout dans les zones de passage et la nef centrale.
Pour les peintures très grandes, le musée dispose d’une nacelle élévatrice.
Pendant ce temps, les éclairagistes règlent les lumières sur leurs escabeaux.
Les équipes techniques sont chargées de déplacer les œuvres.
Il faut un échafaudage, une poulie et dix personnes pour les décrocher, et à l’extérieur, un camion-grue pour déposer les tableaux dans le semi-remorque.
De plus, le musée ne communique pas volontiers sur les mesures de sécurité adoptées.
Il faut dire que c’est un sujet sensible.
En 2007, cinq individus ont profité d’une manifestation culturelle pour s’introduire dans le musée.
Un peu ivres, ils ont endommagé un tableau de Monet avant de déclencher l’alarme et prendre la fuite.
Depuis, le musée a amélioré son système de défense.
Les œuvres sont protégé par des détecteurs à micro-ondes et à ultrasons, la plupart des fenêtres sont blindées, des rondes sont effectuées de jour comme de nuit à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment.
Depuis 2000, il n’est pas plus possible de prendre de photos d’œuvres ni de sa famille dans le musée.
Cependant, cette mesure est mal perçue par les visiteurs.
Mais il vrai que les flashs peuvent abîmer les tableaux.
Et la mesure vise aussi à éviter la multiplication des selfies, ces autoportraits réalisés à bout de bras à l’aide d’un téléphone portable.
Ce dernier point est difficile à contester, car en mars dernier, dans les couloirs de l’Académie des Beaux-Arts de Milan, un jeune homme a cassé une statue du XIX siècle en voulant l’escalader pour réaliser un selfie.
Heureusement, la statue n’était qu’une copie.