« La liberté guidant le peuple », peinte par Eugène Delacroix en1831, est une œuvre mystique, une icône de la république triomphante.
Beaucoup de gens y décèlent une scène de la Révolution française or, l’événement se déroule le 28 juillet 1830 sur une barricade à Paris.
Le peuple de Paris s’est soulevé contre les lois liberticides du roi Charles X.
Au centre du tableau il y a la figure féminine juchée sur les cadavres de soldats du roi.
Coiffée du bonnet phrygien et brandissant le drapeau tricolore, elle incarne Marianne, une allégorie de liberté de la République française.
À cette époque-là, la femme était l’objet de critiques virulentes car, selon la tradition, Marianne devait être habitée par la grâce, la sérénité et une grande dignité.
On lui reproche son allure débraillé, ses seins à l’air et sa masculinité.
Ses aspects semblent placer le peintre du côté des insurgés.
Et pourtant, il y a quelque chose inquiétant sous le pinceau de Delacroix.
Les personnages font face au public et donnent l’impression de déferler sur lui.
Les cadavres blafards montrent un déchaînement inouï de violence, voire de barbarie.
On se pose la question : faut-il voir un peuple héroïque ou une populace fanatique prête à tout détruire ?