Chez nous il n’y avait personne.
Je me rappelai qu’aujourd’hui, ce samedi, mon père et ma mère furent invités au théâtre dramatique pour la nouvelle mise en scène du célèbre écrivain et dramaturge arménien, Vardkès Pétrociane.
Avec lui, devenu par la suite le président de l’Union des écrivains, mes parents eurent des liens d’amitiés et moi aussi, je me fit ami avec lui un peu plus tard.
Lévone Mkrtchiane, un homme de plusiers talents, écrivain, interprète, critique, académicien de l’Académie des Sciences de la Russie, le premier recteur de l’Université russo-arménienne à Erevan, a beaucoup contribué à notre amitié.
Ces deux personnalités terminèrent leur vie très tôt et tragiquement.
Vardkès Pétrociane fut abattu pas des inconnus dans l’entrée de sa maison au cours des premières années de l’indépendance de la république.
Le crime resta non découvert.
Quelques ans après Lévone Mkrtchiane fut mort d’un infarctus et encore un an après son fils, le jeune philologue talentueux, Doyen de la faculté des lettre de l’Université de Erevan, périt de la balle des bandits inconnus.
Une enquête, comme dans le cas du meurtre de Petrociane ne donna aucun résultat.
Malheuresement le chemin difficile vers l’indépendance était parcouru par toutes les anciennes républiques soviétiques et l’Arménie n’en était pas l’exception.
Le sujet de la pièce théâtrale touchait l’émigration qui commençait et rimait avec mon état d’esprit.
J’avais le coeur lourd, des pensées confuses passaient l’une après l’autre.
Oui, j’agis malhonnêtement à l’égard de Nathalie.
Mais en quoi consiste mon improbité ?
Je suis un jeune homme en bonne santé, non religieux, je n’ai pas donné de célibat.
Je suis attiré à Ivette physiquement et émotionnellement.
Lorsque Nathalie était à mes côtés, une pensée pareille ne m’était jamais arrivée dans la tête – du matin au soir nous étions ensemble en se donnant toutes les forces mentales et physiques.
Je me rappelai une des blagues préférées de mon père : « Il ne faut pas tenter le Dieu – envoyer sa jeune et belle femme se reposer dans une station balnéaire toute seule.
Une tempête peut se lever, elle commencera à se noyer et il y aura un jeune et beau sauveteur à ses côtés.
Alors, mon ami, même le Dieu ne pourra pas sauver ta belle de la tentation.
Retiens donc : Fais confiance en Dieu mais ne le mets pas devant le choix ».
Et de toute façon pourquoi devrais-je me soumettre à cette torture physique ?
Je ne vais pas tomber amoureuse de quequ’un, construire des relations permanentes, me marier finalement !
Dommage que les frontières soient fermées, sinon je serais déjà à mi-chemin pour voir Nathalie.
Quelles lois stupides qui érigent des barrières entre les gens, retrécissent le monde à caudes des contradiction s idéologiques!
Quelle personne normale aurait besoin de cette idéologie idiote qui cache les plus bas des instincts humain – l’ambition, la cruauté, la cupidité ?