Avant tout je joignis la maison.
Maman décrocha :
— Igor, mon fils, où es-tu ?
Roubik était chez nous, il a apporté des fruits secs que tu nous avais passé de Tbilissi.
Bravo, Roubik, je n’y ai même pas pensé !
— Tu dis, qu’on t’a envoyé pour les études ?
Et pourquoi ça ?
Et pour quelle raison tu vas étudier la fonction publique sur la ligne militaire ?
Ton père n’a pu rien expliqué clairement.
— Maman, c’est bien que cela se trouve de si près !
C’est dans la banlieu de Moscou, à quarante minutes seulement de la capitale, une heure au maximum.
Tu dois appeler à remercier ton compatriote, le directeur de l’hôpital militaire.
Et peut-être cela ne t’est pas si agréable de savoir maos Ivette a aussi fait de grands efforts.
Et Nathalie, n’a-t-elle pas appelé ?
— Attends, et on t’y envoie pour combien de temps alors ?
— Pour peu de temps.
Six mois environ.
Peut-être pour un an.
— Et toi, tu dis pour peu de temps !
Comment nous arriverons à ne pas te voir pendant un an ?
Alors au printemps, vers le jour de ton anniversaire, ton père et moi, nous viendrons te voir.
Mon fils, je te prie, ne montre pas ton caractère, ne te dispute pas avec les gens !
S’il y a même des choses qui ne te plaisent pas, n’y fais pas attention, passe... — Maman !
Et Nathalie, comment elle va ?
Je vais essayer de la joindre tout à l’heure.
— Elle appelait, se rensegnait sur toi, mais on voit bien qu’elle était ébranlée.
Que oui, elle n’a que des émotions – pour son père, pour toi, comme si elle avait peu de problèmes à présent.
— Et comment papa va-t-il ?
— Malheureusement son diabète progresse, il faut faire les injection de l’insuline, les autres médicaments ne l’aident plus.
Ton père se fait injecter lui-même.
Une image triste.
Mais ne t’inquiète pas, mon fils, tu as déjà assez de problèmes à toi.
— Maman, mais je suis à Moscou !
Je pourrai trouver l’insuline et tout le reste qu’il ya dans notre pays pour le traitement du dibète, les meilleurs médicaments !
Finalement, je vais demander à Marie, elle pourra vous les envoyer de là.
C’était déjà mon père au tèlèphone :
— Je n’ai besoin de rien.
Le quatrième département1 me fournit de tout le nécessaire.
Maman est partie, je vais te dire quelques mots affectueux.
Comment as-tu pu, toi, un adulte, assez intelligent, presque père, assener des blessures corporelles à un autre idiote instruit à cause d’un football quelconque et tu as failli te trouver en prison ?
Va et fais bien ton service militaire !
Mets du plomb dans ta tête !
Tu aura bientôt vingt-cinq et pas seixe ans !
Tu as des responsabilités devant cette pauvre jeune fille, devant ce petit être qui va naître bientôt et devant nous!
— Papa, je suis vraiment désolé.
Je ne comprends pas comment cela s’est passé.
— Bon, joins Nathalie, calme-la.
Elle a une tempête dans son âme.
De nous tous, elle s’est trouvé dans la situation la plus difficile.
Quelle chance elle a eu d’avoir un père si infantile pour son futur enfant!