J’allais au travail avec un étrange sentiment – de soulagement et de l’anxiété en même temps.
Je n’avais pas l’impression qie la menace du service militaire avait déjè passé.
« J’appelerai Nathalie dans la soirée et je la réjouirais »,- décidai-je.
L’assistant du magistrat m’a ordonné de reprendre les affaires que j’avais passé à mes collègues qui n’avaient pas encore eu de temps de les terminer.
Je faillis commencer à dépouiller les papiers quand soudain on frappa la porte du cabinet.
D’habitude la réception des témoins commançait à partir de 10 heures du matin – avant c’étaient des réunions, l’élaboration du plan de travail, la communication de nouvelles pièces.
Le commandant M. est entré.
Il était visiblement préoccupé et avait l’air confus.
— Qu’est-ce qui s’est passé camarade commandant ?
– m’étonnai-je.
– N’arrivez-vous pas à m’oublier ?
— Igor, je suis venu vous demander : ne commettez pas cette infamie !
— De quoi parlez-vous ?
De quoi s’agit-il ?
— Ne faites pas semblant d’être hors de cette affaire!
— Camarade commandant, je vous prierais de vous passer de ces allusions étranges.
A vrai dire je ne sais pas de quoi vous me soupçonnez.
— Je répète, c’est ignoble!
Mais quelles personnes êtes-vous ?
Si vous avez des questions à me poser vous devez m’adresser, moi, afin de les résoudre.
Pourquoi avez-vous arrêté mon frère ?
Сomment est-il lié à ça ?
Selon votre orientation les gens en civil sont venus à la flotte de taxis où il travaille en tant que régulateur.
Qui n’est pas au courant que chaque taxiste donne au régulateur quelques roubles ?
Le frère a été pris en flagrant délit, a été arrêté, un jour après on a ouvert une affaire pénale et ensuite selon la sanction directe du magistrat il a été envoyé en prison.
Et il a deux enfants, lui, il vient d’avoir trente ans.
Tu crois que venger si moche, c’est humain ?
— Ils ont procédé légitimement.
Une autre question, pourquoi la loi avait été appliquée sélectivement à l’égard de votre frère.
Alors, notre pays est comme ça, il a choisi un mauvais billet de loterie.
En ce qui me concerne je n’avais pris aucune part à cette affaire.
Mais cela ne signifie pas que si j’avais maîtrisé cette affaire, je ne l’aurais pas envoyé de la même façon à la maison d’arrêt ou bien je ne l’aurais pas mis en jugement.
Camarade M, je compatis à votre frère et à sa famille. A vous non.
Vous êtes un homme méchant et maintenant il est temps de vous rappeler un célèbre proverbe : « celui qui sème le vent moissonnera la tempête ». Adieu.
— D’accord, Igor.
Mais moi, je ne te dis pas adieu.
Ne pense pas que tu as gagné.
Tu te souviendras encore de moi.
Alors, le magistrat ne parlait pas en l’air et comme on peut le voir, le contre mesure s’était déjà déroulé à fond.
Le magistrat a cent fois plus de possibilités que le commissaire aux armées pour pressuriser ses adversaires sur tous les tableaux.
Et le dermier, qu’est-ce qu’il peut faire ?
M’envoyer faire mon service militaire ?
C’est ridicule !
Dommage ,certes, pour le jeune frère de M.
– un destin brisé, les larmes de sa femme, la séparation avec la famille, la pauvreté, potentiellement le divorce...
Les enfants grandiront malheureux sans savoir pourquoi ils avaient cette vie-là.
Et personne de nous n’en est coupable en gros.
Les réalias de ce pays sont comme ça, les gens vivent d’après les lois cruelles et inhumaines, les forts dévorent les faibles...
Mais malgré le fait que ce qui était arrivé n’était pas de ma faute, j’avais le coeur lourd.
Je rangeai avec mélancolie mes affaires dans un coffre-fort, verrouillai la porte, la scéllai avec de la cire et lentement, sans me presser, je partis chez moi.