La journée de travail touchait à sa fin, quand soudain je fus convoqué par le procureur.
Selon l’expression de son visage je compris qu’il était arrivé quelque chose de fort désagréable.
— Igor, je ne sais pas quelles forces avaient été mises en jeu par nos adversaires, mais, apparemment, fort influentes, s’ils avaient réussi à obtenir l’abolition de la decision de la commission militaire républiquaine.
Il paraît que pour les calmer, il faille mettre en prison encore quelqu’un parallèlement avec le frère de Martirocian.
Tu es envoyé à Tbilissi à l’hôpital de la RM Transcausasienne afin de refaire la commission médicale.
Ne t’inquiète pas.
Si on ne te libère pas tu fera ton service au parquet militaire pendant deux au trois ans et puis tu rentreras tranquillement.
Après la période militaire on pourrait t’offrir des contrats de longue durée – ne signe aucuns papiers jusqu’à ce que tu precises ce qu’il y a derrière tout cela.
Je me souvins immédiatement du représentant du KGB de la république, sa malveillance envers moi et de la conversation avec Martirociane au sujet de certaines autres variantes.
Pourquoi avais-je attiré leur attention en fait ?
Aucun talent exceptionnel, ni de richesse, ni de parents célèbres.
La seule chose qui me distinguait dans mon milieu des étudants en sciences humaines – c’est que moi, en tant que chef des gardes, était remarqué d’avoir pris part aux rassemblements bruyants.
Une simple famille ordinaire.
La femme qui est une Française et quoi alors ?
N’y a t-il pas d’autres dans la république ?
D’ailleurs pourquoi Nathalie serait-elle utile à ce genre de services ? En rien.
La beauté et l’orgueil excessif, conditionné en grande partie par sa timidité, ne présente aucun intérêt pour ces services.
Peut-être s’agit-il de mon amitié avec Dimitri ?
Ce n’est pas sérieux également.
Le bagarreur bien connu, l’autorité de la rue, il y’en a plein dans chaque ville millionnaire.
Il faut donc chercher une autre raison.
Et si c’est le concours de circonstances qui ne me sont pas favorables ?
Non, c’est peu convaincant.
J’entrai au commissariat, me présentai au commissaire aux armées, que je ne connaissais pas jusqu’à présent.
Sèchement sans mots superflus, j’obtins tous les documents nécessaires, appris où fallait-il aller sur place, à qui me présenter.
Le soir papa alla rencontrer le directeur de l’hôpital militaire républicain, le colonel Aganov et celui-ci souligna que je devais me tenir au diagnostic qui m’avait été établi ici, - répéter tranquillement les symptômes de la maladie qui étaient fixées dans le dossier personnel.
Tout cela me dégoûtait.
Je me sentais vexé et humilié et essayais de trouver une bonne raison pour laquelle mon cas était devenu une question de pricipe pour des militaires et probablement pour certaines autres services.
J’étais surtout désolé pour mes parents qui discutaient pour la centième fois les mêmes détails, tentant de trouver les voies de me libérer du service à l’armée.
Certes, Dimitri était au courant du fait que j’allais à Tbilissi.
— Comme on t’appelle à l’armée avec tant de persévérance, camarade officier, cela signifie que notre patrimoine a donc besoin de toi .
Si tu savais à qui graisser la patte, tu aurais glissé le tarif double et tu aurais ainsi terminel ce carrousel idiot.
D’ailleurs, le Français, si on te prend sous le serment, je serai triste.
Après tout, je ne sais combien de temps déjè tu papillotte à mes côtés.
Je suis sincèrement désolé pour Nathalie, encore un coup pour elle!
— Je dirais qu’il y’en a dèjà trop pour Nathalie,- acceptai-je — Le départ forcé, la grossesse, la maladie de son père et maintenant mes problèmes avec l’armée.Un mauvais virage qui continue à la pelle.
— Ce n’est rien, mec, nous aurons notre jour de fête, nous-aussi !
Je savais que Dimitri était loin d’être sentamental, mais cela me toucha beaucoup comment il comrenait mon état d’âme.
— Et toi aussi, tu dois être prudent, surtout quand, défoncé, tu fais de la moto.
Dieu te garde, tu pourrais t’estropier et tu deviendrais alors l’handicapé pitoyable.